En bref
- L'olivier est un arbre d'extérieur. En intérieur, il perd ses feuilles et s'étiole en quelques mois, même près d'une fenêtre.
- Il supporte la sécheresse en pleine terre, pas en pot : une coupe peu profonde se dessèche vite en été, l'arrosage suit le séchage de la surface.
- Son point faible est l'hiver. Adulte en pleine terre, il encaisse plusieurs degrés sous zéro ; en pot, ses racines sont exposées et il faut l'abriter dès que le gel dure.
- Il repart très bien sur le vieux bois, ce qui en fait un excellent sujet pour la taille de structure.
L’olivier fait un très bon bonsaï à une condition : le traiter comme l’arbre méditerranéen qu’il est. Il vit dehors, en plein soleil, dans un substrat qui draine vite. Ce qui le tue n’est presque jamais la sécheresse, mais trois erreurs précises : l’intérieur, les racines noyées, et le gel en pot.
Un arbre d’extérieur, sans exception
Les oliviers vendus en bonsaï sont souvent présentés à côté des ficus et des carmonas, ce qui entretient une confusion. L’olivier n’est pas un bonsaï d’intérieur. Il réclame plusieurs heures de soleil direct par jour, et une fenêtre, même plein sud, en filtre une grande partie.
À l’intérieur, les symptômes arrivent en quelques semaines : les nouvelles pousses s’allongent et pâlissent, les feuilles anciennes jaunissent puis tombent, et l’arbre s’épuise. On croit souvent à un problème d’arrosage alors que c’est la lumière qui manque. Nous revenons sur cette distinction dans notre guide bonsaï d’intérieur ou d’extérieur.
Sa place idéale est une terrasse ou un jardin, exposé au sud ou à l’ouest, à l’abri des vents froids. En été, il supporte parfaitement la chaleur, à condition que la coupe ne sèche pas complètement.
L’arrosage : sobre, mais pas oublié
La réputation de l’olivier — un arbre qui se passe d’eau — vaut pour un sujet en pleine terre, dont les racines descendent profondément. En bonsaï, la coupe contient quelques centimètres de substrat seulement, qui se dessèchent en une journée de plein été.
La règle est donc la même que pour tout bonsaï : on arrose quand la surface du substrat est sèche, abondamment, jusqu’à ce que l’eau ressorte par les trous de drainage, puis on attend de nouveau. En été, cela peut signifier un arrosage quotidien ; en hiver, beaucoup moins. Ce qu’il faut éviter, c’est l’arrosage à heure fixe dans une terre qui n’a pas séché. Nos repères détaillés sont dans l’article arroser un bonsaï.
Le substrat : drainer avant tout
L’olivier tolère des sols pauvres, mais pas l’eau stagnante. Le terreau universel, qui retient beaucoup d’humidité et se tasse, lui convient mal. On lui préfère un mélange minéral drainant : akadama, pouzzolane, pierre ponce, éventuellement un peu de matière organique pour les jeunes sujets.
Le rempotage se fait au printemps, au moment où les bourgeons se réveillent, tous les deux à trois ans pour un jeune arbre et plus rarement pour un sujet âgé. On en profite pour réduire les racines trop longues et éliminer celles qui ont noirci. Le choix des composants est détaillé dans notre guide du substrat pour bonsaï.
Taille et ligature : un arbre qui repart sur le vieux bois
C’est la grande qualité de l’olivier : il réagit très bien à la taille, y compris sévère, et relance des bourgeons sur du bois ancien. On peut donc structurer un sujet assez franchement sans craindre de le perdre, ce qui en fait un arbre de choix pour travailler un tronc.
- Taille de structure : en fin d’hiver, avant le départ de végétation. On supprime les branches mal placées et on dessine la silhouette.
- Taille d’entretien : pendant la saison de pousse, on laisse les nouvelles pousses développer plusieurs paires de feuilles, puis on revient à une ou deux paires pour densifier.
- Ligature : possible sur les jeunes rameaux, qui restent souples. Le bois durcit vite et devient cassant : on ligature avant qu’il ne lignifie, et on surveille les marques de fil.
Les variétés à petites feuilles, comme l’oléastre — l’olivier sauvage —, sont les plus recherchées en bonsaï, parce que leurs feuilles se proportionnent mieux à un arbre miniature.
L’hiver : protéger les racines, pas le feuillage
C’est la période à risque, et le raisonnement tient en une phrase : en pot, les racines gèlent bien avant les branches. Un olivier adulte en pleine terre encaisse plusieurs degrés sous zéro, parce que la terre isole ses racines. Dans une coupe peu profonde exposée à l’air de tous côtés, la motte peut geler entièrement en une nuit froide.
| Situation | Ce qu’il faut faire |
|---|---|
| Gelées légères et brèves | Laisser dehors, coupe posée au sol, abritée du vent |
| Gel qui dure plusieurs jours | Rentrer dans un lieu hors gel et lumineux : serre froide, véranda non chauffée, garage éclairé |
| Grand froid annoncé | Abri obligatoire, jamais dans une pièce chauffée |
L’erreur symétrique est de rentrer l’arbre au chaud tout l’hiver : il redémarre à contretemps, manque de lumière et s’épuise. L’abri doit rester froid et clair. Nos conseils généraux pour cette période sont regroupés dans l’hivernage des bonsaïs d’extérieur.
Les erreurs qui reviennent
- Le garder à l’intérieur parce qu’il a été acheté au rayon bonsaï d’intérieur.
- Arroser tous les deux jours par habitude, dans un substrat qui ne sèche jamais.
- Le laisser dehors dans sa coupe pendant une vague de gel de plusieurs jours.
- Le rempoter en plein été, quand il pousse et transpire le plus.
Questions fréquentes
Un olivier bonsaï peut-il vivre en intérieur ?
Non, pas durablement. L'olivier réclame un plein soleil que même une fenêtre bien exposée ne fournit pas, et l'air sec d'une pièce chauffée l'épuise. Il peut passer quelques jours à l'intérieur pour une occasion, mais il doit vivre dehors toute l'année, avec un abri seulement pendant les périodes de gel.
Pourquoi mon olivier bonsaï perd-il ses feuilles ?
Les causes les plus fréquentes sont le manque de lumière, surtout s'il est rentré à l'intérieur, et les racines détrempées par un arrosage trop régulier dans un substrat qui ne draine pas. Une chute de feuilles en fin d'hiver après un coup de froid est aussi possible ; l'arbre repart en général au printemps si ses racines n'ont pas gelé.
À quelle température protéger un olivier bonsaï ?
Dès que le gel s'installe plusieurs jours, et en pratique dès que les nuits descendent régulièrement sous 0 °C à −3 °C. La coupe laisse les racines exposées de tous côtés, bien plus qu'en pleine terre. On l'abrite alors dans un lieu hors gel et lumineux, jamais dans une pièce chauffée.
Quand tailler un olivier bonsaï ?
La taille de structure se fait en fin d'hiver, avant la reprise de végétation. Pendant la saison de pousse, on taille les nouvelles pousses quand elles ont développé plusieurs paires de feuilles, en revenant à une ou deux paires, pour densifier la ramure.
Sources et méthode
- Exigences de l'olivier (Olea europaea) : exposition, sol drainant, tolérance à la sécheresse et au froid
- Différence de sensibilité au gel entre un arbre en pleine terre et un sujet cultivé en coupe
- Pratiques courantes de culture des bonsaïs d'extérieur méditerranéens